Billet du Quotidien / 18-06-17

Dehors, je suis tout sourire et des mots plein la bouche. À l'intérieur, paysage tranquille et silence panoramique.
Dehors, je fais de l'humour, je ris de n'importe quoi. À l'intérieur, une ombre sans nom avance dans la nuit.
Dehors, il y a du bruit, des fêtes et du tumulte. Dedans, rien ne bouge sans y être invité.
Confusion des genres. Ce que je suis en façade n'est rien en regard de ce qui se tapit derrière mes pupilles dilatées. Sinon l'exact opposé.
À toi, passeur de vérités : si tu veux traverser le miroir de l'âme, ferme les yeux sur ce que tu crois savoir de moi, et tout t'apparaîtra clairement.

Billet du Quotidien / 08-06-17

Quand tu as la révolte, j'ai la révolte. Quand tu as le feu, j'ai le feu moi aussi. Ce qui était éteint se rallume à ton contact. Tu embrases mes paysages, tu enflammes mes forêts sur des kilomètres. Un panache noir s'écoule sur le ciel de nuit, et partout la lumière des brasiers. Je vois mille étoiles, je prends le vent de face. La douleur est tellement forte que j'en oublie d'où je suis parti.
Voilà où je voulais en venir.

Billet du Quotidien / 06-05-17

Tu as raison, j'aime renaître. Corps et biens. Je profite de la chute pour y penser. Je me prépare à l'impact. Une fois touché le fond, je me repose quelques temps dans l'obscurité et l'isolement. Je souffle. Je reprends des forces pour mieux me relever et escalader la paroi du gouffre. Plus je pars de loin, plus je trouve l'energie de remonter. Plus l'ascension est impressionnante, plus elle confine à l'historique. Mais l'histoire se répète. Arrivé tout en haut, une fois sorti du gouffre, je me repose un instant dans la lumière avant de me laisse tomber en arrière, et de replonger.
J'aime renaître, c'est un fait, mais j'aime surtout l'ivresse de la chute et le vertige de l'ascension. Tant que je suis en mouvement, je suis vivant.

Billet du Quotidien / 28-03-17

J'emporte avec moi les arbres couverts de lychen jaune des bords de Loire, des champs de véronique, des trèfles trisomiques et des serres en rénovation ; un chat bavard, un home sweet home sans son hôte, des instants de grâce et des éclats de rire ; des rues de vieilles maisons, des murs de pierre et des poutres au plafond ; de la tarte aux pommes et l'odeur alléchante des gâteaux au chocolat ; des massages à la chaîne, des discussions jusqu'à pas d'heure et des étoiles timides dans le ciel d'après minuit. J'emporte tout cela, un peu de vous, de votre formidable amour et des boutades qui en disent long sur la bienveillance et la confiance entre nous ; je repars les valises pleines, le coeur content.
J'avais besoin de vous voir. Vous êtes venus. Sans fard ni masque, les yeux brillants de bonnes intentions. Ce que je laisse derrière moi ressemble à des remerciements, mais représente bien plus en réalité.

Réflexion du Soir / 07-03-17

Pour inverser la chimie, une autre chimie.
Pour répondre au malheur, un autre malheur.
Pour échapper à la mort, une autre mort.
La solution n'est pas dans la fuite, elle est dans le chemin vers le problème.
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