Billet du Quotidien / 20-07-17

J'avais oublié le plaisir. Trop facile, trop rapide.
Je m'étais interdit l'euphorie. Trop vulgaire, trop simple.
J'avais cessé d'être léger pour porter aux épaules le faix. Je me suis voulu bête de somme en ne vivant qu'au poids d'un effort constant. Je n'avais plus d'insouciance, plus d'entrain, et c'était là mon handicap le plus sérieux. Je me traînais. J'étais lourd, j'étais las.
Mais c'est fini. Je reviens au jeu, dans le jeu, dans la course et pour un peu, je m'amuse !
Alors jouons, si tu veux bien. Sinon pourquoi continuer ?

Billet du Quotidien / 21-07-17

Plus tu me faisais mal, plus je trouvais ça normal.

Billet du Quotidien / 17-07-17

Toi et moi devons nous battre pour l'équilibre. Qu'il soit impossible ou introuvable, nous devons nous battre.
Antagonistes, alliés, coeurs indépendants.
Comme tu grandis avec moi, ton esprit et le mien se confondent. Tu es là, dans mon ventre, je suis là, dans ta tête. J'apprendrai à t'aimer, tu cesseras de me haïr. Nous nous domestiquerons l'un l'autre, et nous appelerons ça Volonté.
M'entends-tu à présent ? M'entends-tu ? Au milieu, les battements. Au milieu, la musique du sang et de l'oxygène. Au milieu, nous n'aurons plus mal. Nous ne ferons qu'un. Et quand il sera temps de partir, nous partirons ensemble.
Je n'ai que toi, je n'ai jamais eu que toi. Il m'a fallu tourner trente-six fois autour d'une étoile pour le comprendre. Pour te comprendre.
Silence, tu me parles. Silence. Ô toi ma chair, mon corps, mon être, je t'entends pour la première fois.

Billet du Quotidien / 11-07-17

Vous allez vouloir des explications, et une carte pour vous repérer. J'en demanderais autant. Sensément.
Mais je n'ai pas ce qu'il vous faut. Des explications, je n'en trouverai jamais de satisfaisantes. Une carte, je suis incapable d'en dresser une. Croyez-moi, il n'y a rien à comprendre.
Les vagues sculptent la rive sans se soucier des reliefs qu'elles laisseront derrière elles. Elles vont, et viennent, parce que le ressac est leur unique raison d'être.
Mon île n'a pas d'aile, mon ciel n'a pas d'isthme. Tout autour, l'eau se marre, se gausse et se barre. C'est ainsi.

Réflexion du Soir / 30-06-17

Par nature, les textes vous mentent. Réunis ainsi, les mots ne sont que le dessin grossier d'une réalité beaucoup trop complexe pour être rapportée fidèlement. Aussitôt relatée, aussitôt frelatée. Quoi que l'on fasse, on ne peut montrer qu'une infime partie de la vérité. Écrire, c'est offrir une vision difforme et diminuée des choses de ce monde, faite de manques, d'oublis et de lacunes comblées par l'imagination.
L'auteur qui nie cette trahison, qui veut dissimuler ce vide intrinsèque, qui réfute l'approximation de ses mots et l'injustice qu'il rend à la réalité, cet auteur est un menteur. Les autres sont des poètes.
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